Lettre à Aimé.
Cela fait déjà quelques temps que tu ne randonnes plus avec les Isards ; mais presque à chaque sortie, il n’en est pas un qui évoque, ta bonne humeur et les blagues, que tu racontais d’une façon inimitable, avec ta faconde, alliant les gestes à ta voix, empreinte de chaleur humaine.
Encore, la semaine dernière lors d’un séjour en Espagne, nous évoquions une de tes tirades préférées, que tu déclamais à chaque demande pour initier un nouvel isard.
Toi l’infatigable marcheur, tu cherchais toujours les chemins de sangliers ; comme tu le disais souvent, réminiscence de ton métier de charcutier, surement. Tu aimais les chemins détournés, ceux qui passent dans les taillis, et les barthas, sans balisage, parfois un cairn de-ci de-là ; brefs tes itinéraires à toi, hors des sentiers battus. Et tout le monde te suivait, comme un seul randonneur, en file indienne les mains et les mollets écorchés.
Tu as parcouru toutes les montagnes d’Ariège, avec les Isards, du Picou au Montcalm, des Trois Seigneurs au Valier, toutes les vallées et tous les lacs du Quérigut au Couserans avec ton cher Alzen au milieu.
Tu étais devenu un véritable montagnard, il n’y a que le ski de fond que tu n’as pas réussi à maitriser; et ce n’est pas faute de ne pas avoir essayé, à Beille ou au Chioula, avec de mémorables chutes dans les descentes, tout dret, qui se terminaient dans la rigolade avec ton rire communicatif.
Tu as aussi participé à de beaux séjours avec Martine et même Josette, en Bretagne, en Corse, avec des soirées endiablées et même joué une pièce de théâtre à l’inspiration.
Nous penserons longtemps à toi dans nos escapades Pyrénéennes, à ta générosité, à ton empathie, à ta gentillesse et à ta gaieté légendaire ; aux chants en patois que nous entonnions à ta suite, le « Se canto », « l’immortelle » et bien sur « le refuge », quand après une matinée pluvieuse les grillades étaient, les bien venues à la cabane de l’Aynat. Merci pour ces bons repas que tu nous as confectionnés avec ton amour du travail bien fait, les omelettes pascales, les assemblée générales, les festivals du film, les anniversaires. Avec toi tout était prétexte au partage.
Tu as écris de belles pages, dans le grand livre des Isards de la Barguillère et de très nombreuses photos sont là pour en témoigner.
En pensant à toi, nous continuerons à prendre ces chemins de traverse, et tu nous accompagneras sur cette montagne que tu avais appris à aimer.
Tous les isards et les isardes se joignent à moi pour te souhaiter un bon voyage.
Deux jours à marcher vite, presque à fuir comme si les sentiers de la Barguillère savaient déjà où allaient nos coeurs. L'air était froid, mordant les joues, mais à l'intérieur brulait quelque chose de doux et de sûr. Les pas frappaient le sol en rythme. Sous les pieds, la terre détrempée raconte des histoires, racines glissantes, pierres lustrées et ce silence, profond. Les chaussures s'enfoncent un peu dans le tapis blanc rencontré par ci par là, et dans ce décor mouvant, gris, blanc, infini nous étions simplement le mouvement. Un pas puis un autre et la montagne respire en nous .
Sous le chapiteau vibrant de rires et de buée, on se serre épaule contre épaule, comme pour retenir encore un peu, la chaleur de l'effort et des pas envolés. Les bonnets rouges fleurissent comme des braises dans l'air froid, petites flammes humaines qui refusent que l'hiver gagne. Et dans le vacarme doux des arrivées on devine des mots. Puis vient la soupe fumante, offerte comme un trésor partagé qui réchauffe les mains mais surtout les coeurs fatigués. Et là, dans ce désordre tendre, entre fatigue et joie mêlées, on comprend que la course continue, dans chaque sourire échangé. La nuit était fraîche, presque dure, mais les regards, faisaient refuge, un feu invisible entre les âmes qui n'avaient pas besoin de mots pour se comprendre. Et au retour, un peu plus léger, nous savions que ce n'étaient pas la distance parcourue qui comptait vraiment mais la chaleur trouvée, là, au creux de l'instant.
Et 2027 ne sera pas une date, ce sera un point de rencontre et cette impression étrange que le temps a fait juste un détour pour nous ramener là!
A la tombée du jour, la ferme de Maurice cesse d'être un lieu de travail pour devenir un refuge de lumière; les bottes de paille arrangées pour laisser place à la piste de danse. Dans la cour le froid pique les joues et les convives osent entrer car ici la chaleur se fabrique à plusieurs. La grange d'origine silencieuse, respire autrement en ce soir du 31 décembre. Les guirlandes de végétaux s'enroulent autour des bambous et les lumières scintillent comme des lucioles. Les tables longues réunissent tous les marcheurs, les gymnastes, les joueurs de tennis de table... et autres disciplines de BSL. On y déposent les plats simples et généreux qui racontent la terre. Maurice, le regard tranquille, vérifie que tout est à sa place du haut de sa charrette. Les verres s'entrechoquent, les histoires se répètent. Quand la nouvelle année arrivent les confettis pleuvent, on s'embrasse, on s'enlace et on se souhaite le meilleur pour l'avenir. A la ferme de Maurice, le réveillon ne cherche pas à briller plus fort que les autres, il éclaire juste ce qu'il faut, comme une lampe allumée dans la nuit, pour rappeler que l'essentiel est déjà là.
Les Isards se retrouvent au détour d'un chemin, ils ont troqués leurs sacs à dos contre un tablier de cuisine. Autour du chaudron, la lumière accroche et danse. L'air se parfume doucement d'une senteur dorée: celle des coings, lourds et fermes qu'on a lavés comme on lave des pierres précieuses .On les coupe d'un gestes sûr et la chair se livre, pâle, un peu rugueuse. On les dépose dans l'eau bouillante et déjà, la vapeur monte comme un poème invisible. Puis vient le temps du sucre, pluie blanche qui se mêle à l'or. La cuillère tourne, infatigable et la pâte épaissit, se colore du jaune timide comme si le fruit gardait en lui un coucher de soleil. Le temps devient complice: on attend, on goûte, on surveille. Le parfum emplit les narines, sucré, chaud, enveloppant. Enfin on verse dans les moules, on lisse d'un geste amoureux, et la magie s'installe dans le repos. Un morceau de marche devenu miel qui ravira les papilles lors des randonnées de l'hiver.
Le sac sur le dos, les pieds sur le sentier
Le ciel est clair, l'air vient nous chatouiller.
Les bourgeons s'étirent, la mousse est encore tendre
Et la forêt s'éveille, prête à tout nous rendre.
La cascade babille ses secrets d'hiver
Chaque pas résonne sur la terre mouillée.
Dans l'herbe haute, Alex écarte les vaches qui ne sont pas vénères.
Nous grimpons, nous soufflons et rions dans l'élan
Comme des enfants libres portés par le printemps.
Au Peyrou, sur la grande table, bien dressée
L'omelette de Pâques s'apprête à danser
Oeufs cassés qui se font fouetter
Parfum de Rhum et de caramel sont associés.
Richard avec sa pince , le sucre fait caraméliser
Dans la poêle la magie opère
Un nuage de fumée, masque les visages "cendrière"
Elle chante et frémit sous la flamme active
Souvenir d'ancêtres, tradition qui ravive
Partagée en parts, sous les regards ravis
Elle unit les coeurs, elle nourrit la vie.
Sous les doigts de Jean-Michel dansent les cordes claires
Nos voix s'élèvent doucement, chaque chanson devient prière.
Complices des accords mouvants, nous remontons le temps.
Et les souvenirs de jeunesse sont omniprésents
Ce partage est un bout de vie
Une bouchée, un mot, une folie
Et dans ce festin sans apparat
C'est l'amour que l'on goutte à chaque pas.
Merci Marie Odile et Jean Claude de perpétuer cette tradition et d'émouvoir nos âmes de gais lurons.
Pas moins d'une soixantaine de personnes ont répondu à l'invitation de la galette. Jean Claude a remercié tous les animateurs et bénévoles de cette association. Il a annoncé la création de l'animation Ping-pong et bientôt sophrologie.
Tous les rois et reines ont appréciées cette soirée et demandent à se rassembler plus souvent...Restez à l'affût des actualités il va y avoir une soirée...mais chut, je ne vous en dis pas plus!
Est-ce que la lune tourne autour de la terre? Pourquoi voit-on toujours la même face de la lune? Si vous n'avez pas comprit l'explication très ludique de Yannick c'est que vous étiez dans la lune... 25 Isards ont assistés à ces explications avec en images réelles Saturne, Mars, Jupiter. Malgré le froid de la nuit, nous avons levé les yeux pour comprendre le monde complexe des étoiles, des planètes, de l'étoile polaire...Merci à Chantal de cette initiative, nous ne regarderons plus le ciel de la même façon.
Le cocktail de l'adjudant fait délier les langues, tout le monde se retrouve dans la joie, danse, s'amuse et oubli son quotidien. Le repas crée du bonheur, l'ambiance est bien là, on s'éclate, on rit... Il est déjà 3h30? Ah! qu'elle est belle la vie dans ce groupe De BSL
La montagne s'invite jusque sur nos tables et dans la décoration de la salle. Un moment très convivial où tout le monde est dans la joie
